LE SECTEUR INFORMEL EN RDC : CE QU’ON VOIT ET CE QU’ON NE VOIT PAS.
Le secteur informel désigne l’ensemble des activités économiques échappant au contrôle de l’Etat et soustraites catégoriquement du processus de fiscalité, de taxation et d’imposition créant ainsi des manques à gagner au circuit économique.
C’est au cours de la décennie 1990 que le tissu économique congolais a connu une dégradation justifiée d’abord par les pillages systématiques de ses ressources et ensuite par la persistance des guerres d’agression, ce qui a entrainé une pauvreté indescriptible et une débrouillardise chez le sujet congolais.
En RDC, le secteur informel prend le dessus sur le secteur formel mettant la femme au premier plan dans la survie et la croissance de la famille mais les normes administratives et de bonne gestion ne sont pas de mise dans ce secteur porteur de croissance une fois réglementé et encadré, seulement 0,4% des entreprises possèdent des documents requis, 0,5% des unités économiques tiennent une comptabilité OHADA, et moins d’un pourcent remplissent les conditions minimales de contractualisation.
Cependant, l’informel est caractérisé par la dimension individuelle des activités, l'importance de la famille dans la gestion, la non application des règles légales et administratives, l’abondance de la main d’ouvre non formée, la carence technologique et une faible productivité de services.
Ce secteur présente des aspects positifs et négatifs, en ce qui concerne les bienfaits de ce secteur, il permet d’abord de lutter contre la pauvreté tout en constituant l’unique option de travail pour plusieurs personnes sans emplois formel, ensuite le secteur informel joue un rôle social car il constitue un facteur d’intégration et de solidarité lié à la logique de survie des familles.
Considérée comme activité de survie, le secteur informel s’impose dans la société grâce à sa contribution active sur l’économie des ménages congolais mais l’intervention quasi-inexistante de l’Etat pour réguler ce secteur et l’attirer vers le formel paralyse encore le circuit économique et laisse le pays dans la stagnation totale.
Loin de satisfaire les besoins des couches sociales déshéritées, l'économie informelle congolaise permet de satisfaire les besoins de la quasi-totalité des couches sociales et surtout de celles qui sont bien situées politiquement, économiquement et socialement.
Le secteur informel jadis considéré comme du noir est remonté à la surface et a envahi, en RDC, tous les secteurs de la vie sociale mais souffre de nombreuses insuffisances qui ne favorisent pas l’efficacité des activités économiques.
La formalisation des affaires est une opportunité à saisir en RDC et devrait aussi concerner le secteur informel qui une fois normalisé et réglementé contribuerait positivement à la stabilité des indicateurs économiques du pays, accompagnerait la capitalisation de ce secteur par l’accès au crédit et favoriserait le développement économique de la RDC.
Par le CDE-RDC