Secteur privé et développement économique: quelle perspective pour la république Démocratique du Congo ?
Au cours de ces dernières années, les économies africaines ont affiché des taux de croissance soutenus et des améliorations notables dans la stabilité politico-économique, la gouvernance publique et la mise en œuvre de politiques économiques plus rationnelles et optimales.
Cependant, le système et le circuit économiques en République Démocratique du Congo peine à faire jouer au secteur privé par voie de la libre entreprise son rôle important en tant que maillot fort dans la promotion de la croissance et du décollage économique sans lesquels on ne peut parler de développement qualitatif.
En tant qu’acteur indispensable du développement, le secteur privé fait référence aux diverses formes de participation fondées sur des partenariats contractuels entre, d’une part, une partie publique et, d’autre part, une partie privée et qui ont pour unique but d’atteindre des objectifs de développement spécifiques sans lesquels un pays ne peut accéder aux agrégats de la croissance économique.
De ce fait, il sera alors question de chercher à cerner comment le secteur privé pourrait contribuer à l’avènement d’un Congo intégré au développement durable et dont la croissance socio-économique reste la finalité.
En République Démocratique du Congo, le secteur privé est actuellement reconnu comme l’un des principaux moteurs de la croissance économique car disposant des facteurs essentiels devant promouvoir le développement durable à la base et réduire sensiblement le taux de la pauvreté dans toutes les provinces.
C’est pourquoi, il est clair que les initiatives du secteur privé pour la promotion permanente du développement peuvent prendre de multiples formes variant essentiellement selon le contexte soit national ou local et soutenant l’industrie locale congolaise encore heurtée aux difficultés endogènes et exogènes qui étouffent encore son expansion.
Dans certains cas précis, les projets et les programmes du secteur privé favorisant le décollage peuvent offrir des possibilités de contribuer à réduire le niveau de pauvreté et d’atteindre les objectifs en matière de développement socio-économique par la promotion des secteurs primaire, secondaires, tertiaire et quaternaire de l’économie.
Toutefois, le secteur privé étant un moteur de croissance économique et de génération de richesse, doit impérativement s’inscrire dans le cadre d’une approche normative du développement c’est à dire une approche qui garantisse des droits des consommateurs et promeuve une vision éclairée où les gouvernements de toutes les nouvelles provinces régulant l’économie préservent leur rôle de leadership dans le développement de l’économie sociale en passant par la promotion doublée de compétitivité et de l’entrepreneuriat local.
Si le secteur privé veut devenir un allié indissociable dans les secteurs de l’agriculture, de la transformation, de prestation des services, de l’innovation et de la recherche en République Démocratique du Congo, il lui faut respecter les normes d’efficacité, de rationalité, d’efficience, en particulier celles relatives à la transparence, la responsabilité et à l’atteinte du plein emploi tout en démontrant l’impact économique, social et environnemental de l’entreprise privée et sa contribution tant à la croissance économique qu’à la création de richesses pour les classes sociales touchées sensiblement par le chômage et la pauvreté.
En République Démocratique du Congo, le secteur privé devra alors surmonter un ensemble d’obstacles, c’est entre autres l’accès à l’électricité et au financement, la concurrence dans le secteur informel, le taux d’imposition élevé, la corruption, la main-d’œuvre moins qualifiée, la mauvaise qualité de gouvernance et à l’inefficacité de l’État.
L’Etat Congolais comme régulateur du marché et protecteur important du secteur privé détient une part de responsabilité pour l’éclosion de la libre entreprise et du partenariat public privé ; tout en encadrant ce secteur porteur de croissance par l’allègement fiscal, la correction des défaillances possibles et surtout en le soutenant par le truchement des investissements participatifs.
Par ailleurs, il faut noter que le secteur privé reste et demeure un vecteur incontournable dans la réduction de la pauvreté et des disparités sociales sur l’étendue nationale car il favorise la création de millions des emplois directs et indirects, génère des revenus importants aux entrepreneurs locaux, verse les recettes au trésor public, soutient le développement local par la création des infrastructures de base, et fournit des biens et services compétitifs aux agents économiques et ménages.
En définitive, le secteur privé dispose d’un rôle crucial à jouer pour mieux booster la dynamique de reformes favorables au libre-échange, à l’innovation, à la compétitivité économique et à la création des richesses, gage de la paix sociale et de la stabilité socio-économique en République Démocratique du Congo.
Par le CDE-RDC